Danielle Grondein

les amis de danielle grondein

livre Le VADAGALECK
Le VADAGALECK

Roman et Supplément de jeux et lexiques par danielle grondein

Illustrations par adeline lorthios

Editeur Ravenala

Collection Sarabande

208 pages

Pour parents et enfants

Parution 2000

Prix Livre, mon ami, Sélection 2003. Prix de littérature de jeunesse en Nouvelle-Calédonie.

Illustrateur
Editeur http://www.editionsgrandir.fr
 

Quatrième de couverture

Les pouvoirs fantastiques du VADAGALECK seront-ils suffisants pour l'aider à plonger au plus profond de la mer afin de secourir les prisonniers d'un gigantesque filet dérivant ?

Réussira-t-il à éteindre l'incendie qui menace le « Bongo Tree » ou à vaincre les impitoyables contrebandiers qui saignent toute la région ?

Pourra-t-il échapper aux pièges que lui tendent la terrible bande des treize et ses cinq leaders : le Dragon Volant, la Féroce Harpie, le Fouette-Queue, le Vampire et Lucilie la Bouchère ?

Ouvrez-vite ce roman superbement illustré, pour rire et frémir avec les habitants de la Grande Clairière, en savoir deux fois plus grâce à deux lexiques, et vous amuser avec les jeux du supplément plein de dessins drôles et de drôles d'énigmes à résoudre.

 

Extrait

LA RÉVOLTE DES ANIMAUX

Jeudi, Coco le Perroquet a trouvé son copain l'Éléphant tout en petits morceaux.

La veille, c'était son amie l’Oie Néné dont un jaguar n’avait laissé qu’une touffe de plumes rousses, et l'autre jour, il avait assisté impuissant à la mort de son cousin Cormoran englué dans une nappe de pétrole.

Mais trop, c'est trop ! Il ne peut pas rester comme ça, pattes ballantes, à ne rien faire.

Alors, il a survolé la Jungle, le Grand Lac et la Mer, pour appeler tous les animaux à se réunir sans plus tarder dans la Grande Clairière.

Petits et grands s'étaient mis en route aussitôt, s'entraidant pour avancer plus vite, et personne ne songeait à se disputer, encore moins à se manger…

 

image 1 du livre

Quelques jours après, ils étaient tous rassemblés autour de l'immense "Bongo Tree", chacun attendant avec impatience son tour de prendre la parole pour exprimer ses souffrances et sa détresse.

Les Fourmis, que ça démangeait d'être les premières, s'étaient faufilées en rang serré jusqu'au pied de l’Arbre Sacré et s'étaient plaintes en chœur :

- Nous en avons assez d’être piétinées, assez  d’être exploitées, assez d’être colonisées !

La Tsé-Tsé avait aussitôt pris la mouche :

- On me poudre, on me vaporise, c'est insupportable !

Ses petits-cousins, les Cousins, avaient approuvé, d'un air écœuré :

- Nous sommes dégoûtés de nous faire cracher dessus continuellement par le Poisson-Cracheur !

Sur quoi, le Hanneton avait renchéri :

- Et moi, je n'en peux plus d'être mis en boîte sans arrêt, de savoir que ma vie ne tient souvent qu'à un fil !

Les Papillons en avaient profité pour dire qu'ils ne supportaient plus la bobine des Chenilles, quant aux Chenilles, elles cherchaient le moyen de se défiler pour éviter d’être embobinées.

Mais c'était pire pour les époux de la Mante Religieuse et de l'Abeille qui pleuraient à l'unisson :

- Ça nous donne le bourdon d'être constamment dévorés par nos femmes !

Un Oiseau de paradis, que son déplumage avait fort irrité, était venu montrer à tous son dos pelé :

- Je m'en suis sorti par miracle, on me tirait dessus de tous côtés, c'était l'enfer !

- Au moins, toi, tu as sauvé ta peau ! avait lancé un vieux Castor très confus de se montrer tout nu.

Arrivé d'un bond, le Saumon s'était fâché tout rouge :

- Vous trouvez ça normal vous, qu’on me tranche, qu’on me fume, et même qu’on me parfume ?

La Grenouille qui s'enflait d'amertume avait explosé :

- Quand on s'intéresse à moi, c'est seulement pour mes cuisses, ou pour la météo ! C'est tout ce que je vaux !

La Tortue aussi en avait plein le dos :

- Messieurs les Anglais, arrêtez de faire de la soupe avec moi ! Avalez donc plutôt votre purée de pois !

Et le Lièvre qui arrivait juste derrière, avait ajouté, un peu essoufflé :

- Et que les autres fassent leurs civets avec des betteraves ou des navets !

Sorti du coin du bois, le Loup hurlait :

- Ouhouhouhouh ! J’en ai ras les babines de servir d’épouvantail et de croquer des vieilles ou des jeunes, jamais à point, trop dures ou trop tendres !

Le Phoque, lui, avait envoyé ses doléances par son ami le Morse :

.../---/.../.-/.../..././--../-.././-/.-././-.././-.-./---/..-/.--./././-./.-../.-/-./.././.-././.../

Ce qui voulait dire :

S O S  assez d'être découpé en lanières

Le Gorille se martelait la poitrine avec frénésie :

- Il y en a marre des zoos, marre des labos, marre des singeries !

Resté à l'arrière à cause de sa taille, l'Éléphant avait dû jouer de la trompe pour dire ses maux et claironner qu'il refuserait désormais de finir en bracelets ou en touches de piano.

Enfin, la Baleine et le Cachalot, par-delà le Grand Lac, au loin dans la Mer, avaient soufflé très fort :

- C'est assez ! À bas les cosmétiques !  Qu'ils fassent donc leurs fards avec du guar et leurs parfums avec des embruns !...

 

image 2 du livre

Des heures et des heures durant, chacun fit entendre sa voix, et ces voix, faibles ou fortes, disaient toutes la même souffrance et la même révolte.

Le moment était enfin venu. Désormais ils refuseraient de n’avoir pas d’autre choix que d’être croqués, pollués, ou torturés.

 

Le silence descendit sur la Grande Clairière baignée de lune, et la plupart des animaux se mirent à chercher un coin pour dormir, se disant que la nuit porte conseil, et qu’ils y verraient plus clair le lendemain.

C'est à ce moment-là, que du haut du "Bongo Tree" se firent entendre les voix sages de la Chouette et du Hibou :

- Nous avons la réponse, nous pouvons vous donner la solution… 

À ces mots, ceux qui n'avaient pas encore sombré dans le sommeil n'en crurent pas leurs oreilles.

Et chez les crustacés de la mare voisine, le Cyclope qui ne dormait que d’un œil ouvrit les deux autres brusquement.

La rumeur fit le tour de la Grande Clairière, plus vite que la Gazelle, et tous furent debout en un instant.

Ils se bousculaient sous le "Bongo Tree" et chacun répétait à son voisin :

- La solution ! Ils vont nous donner la solution !

 

image 3 du livre

Quand le vacarme et l'émotion se furent un peu calmés, la Chouette prit la parole en premier :

- C’est une solution d’exception, il est vrai, mais à des maux si impitoyables ne faut-il pas des remèdes exceptionnels ?

- Si, si, il le faut, il le faut ! approuvèrent les plus jeunes avec vigueur, tandis que leurs aînés hochaient la tête affirmativement.

Le Hibou continua :

- Tous, vous disparaissez les uns après les autres, à cause des hommes, de la pollution et de la Loi de la Vie, les forts autant que les faibles, pourquoi ?

- Les faibles ne sont pas assez forts, évidemment ! grogna l'Hippopotame qui n'était pourtant pas parmi les plus à plaindre.

- On n'a pas le pouvoir de résister aux trois à la fois ! ajoutèrent les petits Poissons des Marais. Les filets, le pétrole, le ventre du Chat-Pêcheur, on a beau essayer, on ne peut pas y échapper !

Et chacun de gémir et de pleurer sur son triste sort.

- Silence ! ulula le Hibou.

- Écoutez-nous, vous tous, chuinta la Chouette. Le Hibou et moi, je vous le répète, nous avons la solution... Il nous a été accordé, cela remonte à la nuit des temps, le pouvoir de créer un Animal capable de résister à tout ce qui vous menace actuellement. Un Animal, pas immortel, mais exceptionnel. Invincible. Nous avons le don de Vie…

 

Dans le silence de mort qui suivit ces paroles, on entendit bientôt deux petites voix chuchoter :

- Ben, qu'est-ce qu'elle attend alors cette idiote pour le sortir, son prototype ?

Mais comme c'étaient la Bécassine et l'Étourneau, la Chouette fit semblant de n'avoir rien entendu :

- Nous n'avons encore jamais eu recours à ce pouvoir, car les conditions pour l'utiliser sont telles... que jamais, jamais, la situation ne nous avait paru suffisamment grave pour en venir à cette extrémité.

Le Hibou avait opiné des aigrettes :

- Et ce, d'autant moins que jusqu'à présent la grande majorité d'entre vous semblait fort bien s'accommoder de la règle du chacun pour soi ! Vous n'étiez guère qu'une poignée à vouloir vous rebeller contre l'Homme et la Loi.

- Qu'il est pénible, celui-là, avec ses grands mots ! avait glapi la Grue, exaspérée par le ton doctoral du Hibou.



image 4 du livre

Dans le silence de mort qui suivit ces paroles, on entendit bientôt deux petites voix chuchoter :

- Ben, qu'est-ce qu'elle attend alors cette idiote pour le sortir, son prototype ?

Mais comme c'étaient la Bécassine et l'Étourneau, la Chouette fit semblant de n'avoir rien entendu :

- Nous n'avons encore jamais eu recours à ce pouvoir, car les conditions pour l'utiliser sont telles... que jamais, jamais, la situation ne nous avait paru suffisamment grave pour en venir à cette extrémité.

Le Hibou avait opiné des aigrettes :

- Et ce, d'autant moins que jusqu'à présent la grande majorité d'entre vous semblait fort bien s'accommoder de la règle du chacun pour soi ! Vous n'étiez guère qu'une poignée à vouloir vous rebeller contre l'Homme et la Loi.

- Qu'il est pénible, celui-là, avec ses grands mots ! avait glapi la Grue, exaspérée par le ton doctoral du Hibou.

- Allez, ne nous faites pas languir davantage, dites-nous de quoi il s'agit, s'énerva l'Araignée qui avait pourtant la réputation d'être parmi les plus patientes.

- Nous ne pourrons créer cet Animal extraordinaire, qu'avec ce que vous nous donnerez...

- Et alors, où est le problème ? sifflota de nouveau l'Étourneau, en secouant ses plumes sottement.

- Le problème, lui répondit la Chouette sévèrement, c'est que nous ne pouvons rien faire, si vous, vous ne nous offrez pas la matière première... Cela signifie que chacun devra se départir de ce qu'il a de meilleur, et l'offrir de bon cœur. C'est la condition primordiale, pour que naisse enfin ce héros dont vous rêvez.

- C'est ça, tous pour un et un pour tous ! applaudit vivement le Coucou qui, comme chacun le sait, est joyeusement partageur.

Et sa bonne humeur était si communicative, que les autres lui emboîtèrent le pas aussitôt. Ils étaient prêts à donner, soit une oreille, (l'Éléphant se disait que vu leur taille, il pourrait sûrement se contenter d'une seule), soit une patte, (dans un grand élan de générosité, le Mille-pattes alla jusqu'à en proposer trois), soit une queue, une dent, une griffe, une plume, quelques écailles, et aussi des poils, enfin tous étaient disposés à sacrifier un petit bout, pour la grande œuvre commune.

Chacun jouait des cornes et des sabots pour se frayer un chemin jusqu'à l'Arbre, chacun vantait ses mérites plus fort que les autres :

- Moi ! Moi ! Prenez mes taches, tout le monde les envie !  

- Moi !  Moi !  J’offre 2m 40 de peau en excellent état !

- Moi ! Moi ! S'il vous faut une corne, j'en ai d'abondance !...

Quant à l’Argus, le plus coté des Papillons, il ne cessait de répéter :

- Moi !  Moi !  Moi ! Prenez mon odorat ! Je flaire la bonne affaire à des kilomètres !…


image d'un jeu du livre
 

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